Eloge de Raymond Delval

Académie des Sciences d'Outre-Mer - 1995
Éloge de Raymond DELVAL par Pascal CHAIGNEAU

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Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Perpétuel,
Mes chers confrères,
Messieurs les ambassadeurs,
Chère Louise Delval
Mesdames, Messieurs,
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Lorsqu’en 1976, je rencontrai Raymond Delval pour la première fois, notre conversation pérégrina de la thèse sur les Antaisaka d’Hubert Deschamps jusqu’au dictionnaire franco-antandroy de Raymond Decary. J’étais alors à mille lieues de penser qu’un jour j’aurais l’honneur de lui succéder au sein de cette Académie.
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Raymond Delval est quelqu’un dont je prononcerai avec un plaisir d’autant plus grand l’éloge qu’il m’honora de son amitié et de son affection. Ce que je tiens à souligner, c’est qu’à travers ma modeste personne, je suis d’autant plus touché par cette élection qu’elle symbolise à mes yeux une démonstration de l’attachement de notre compagnie pour Madagascar, pour la Grande Ile, pour ce sixième continent que Diégo Diaz découvrit en mai 1500, croyant toucher la côte africaine. Pour ce pays qui sera qualifié par Flacourt de terre de promission des Naturalistes. Par ce métissage à l’échelle d’un peuple uni par une même langue nuntanssarienne dont la musicalité a pu faire dire qu’elle était l’Italien de l’Orient. Par un pays, un État, qui n’a pas attendu Galliéni et la colonisation française pour être unifié et administré, grâce, depuis 1787, à Andrianampoinimerina et ses descendants.
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C’est pourquoi, Monsieur le Secrétaire perpétuel, je vous suis doublement reconnaissant d’avoir accepté de procéder à mon installation. J’ai été gêné par les mots trop aimables que vous avez prononcés à mon endroit et je tiens à remercier en vous non seulement le Secrétaire perpétuel de notre Académie, mais aussi l’ancien avocat que vous avez été, le très haut magistrat que vous fûtes, inspecteur général des Services judiciaires, Conseiller à la Cour de Cassation, Président de chambre à la cour d’Appel, mais surtout je salue en vous celui qui rendit la justice sur l’Ile Rouge et qui a gardé, au plus profond de lui, une affection pour cette terre que l’on ne peut impunément fouler. En effet, toucher la terre latéritique des Hauts plateaux ou le sable de Nosy Komba, c’est inéluctablement se lier d’une affection durable et profonde pour ce pays. Je sais que cette affection est partagée pour Madame votre épouse, et c’est pourquoi, Monsieur le Secrétaire perpétuel, je suis d’autant plus sensible au fait que vous ayez bien voulu m’installer.
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Je voudrais pour évoquer la personnalité, hors normes de Raymond Delval, parler successivement de l’homme, de l’administrateur et du chercheur.
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Raymond Delval est né le 28 octobre 1917, sous la Croix du Sud, à Antsirabe, tandis que dans l’Hexagone rugissait le fer de la Première Guerre Mondiale. Si cet homme est né sous le tropique du Capricorne, ses ancêtres sont des gens du Nord. On peut ainsi remonter à 1753 pour retrouver Médard Delval, armurier du Roi, à Douai. La famille décide de quitter la métropole pour la Réunion, l’Ile Bourbon. Cinq générations de Delval y séjourneront et c’est en 1910 que le père de Raymond Delval décide de quitter la Réunion pour cette terre de toutes les promesses : notre chère Grande Ile. Après s’être exercé à la recherche des pierres précieuses, il rentre très vite au service des douanes. Il y sera ce modèle de rigueur qui inspira Raymond Delval. Trente années de service, pas un jour de congé, pas un jour de vacances, tous les examens qui lui permettront de franchir une à une les étapes de l’administration française. Il ne quittera jamais Madagascar. Il ne viendra jamais en France. Ce n’est pas un Zanatany, un étranger né à Madagascar, mais il sera oint par la terre rouge, d’autant plus marqué par elle qu’il épousera une malgache qui lui donnera douze enfants. Je salue la présence de plusieurs d’entre eux qui sont parmi nous aujourd’hui. Il sera ainsi un métisse, nous en parlerons, fier de l’être. L’enfant est brillant, et pour aller au Collège des sœurs, la famille habitant dans la vieille ville, sur les hauteurs d’Antananarivo, il passe par les sentiers qui virent défiler tant de cortèges royaux. Les dimanches, il joue dans le Rova, le palais de la reine, au milieu des tableaux, des bijoux, des meubles, aujourd’hui disparus dans un criminel incendie, et sous la bienveillance du gardien, ami de la famille. De là naîtront sans doute ses passions pour l’histoire et pour la monarchie Merina. Il rentrera au seul collège de garçons qui existe à l’époque à Madagascar, le Lycée Galliéni. Y suivant de brillantes études, il hésite entre un baccalauréat de philosophie et un baccalauréat de mathématiques. A une époque où la Grande Ile diplôme dix à douze bacheliers par an, notre Raymond Delval obtient à lui seul deux baccalauréats dans les deux disciplines. Le voilà à l’âge d’homme, et évoquer l’homme Raymond Delval, c’est parler à la fois du métis, du croyant et du chercheur.
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Le métissage, Raymond Delval le vit comme une chance. Il a compris qu’il n’était pas une acculturation, mais, bien au contraire, une bi-culturation. Il parle couramment et avec une éloquence rare, le Malgache. Il décide d’être le lien entre les Vazahas et les Malgaches. Cela conditionnera sa vie et sa carrière d’administrateur. Son premier mémoire, son premier travail, il le consacrera aux métis, ce sera son mémoire de diplôme de “ Colo ” : Les métis à Madagascar.
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Réfléchissant sur lui-même, puisqu’il est à la fois sujet et objet de son étude, il est convaincu qu’il ne saurait épouser qu’une métisse. Plus, il se surprend à rêver que cette métisse puisse être également scout, car sa promesse scout prononcée à Marseille avec ce mot central : servir, est au cœur de son existence. Plus tard, en 1946, la chance lui sourira, il aura le bonheur de rencontrer quelqu’un : Louise Boureau. Ma chère Louise, fille d’une femme malgache et d’un papa originaire du Loiret, et quel papa ! ami de Galliéni, membre de l’Académie malgache, co-auteur du Canal de Corinthe, puis installé en Afrique du Sud, où il réalisa tant de choses. Et cette femme jeune, belle, diplômée, dynamique a, ô merveille, une qualité supplémentaire : elle est cheftaine guide, de ce guidisme, branche catholique du scoutisme pour les femmes. Quarante huit années de couple, ma chère Louise, et quel couple ! Vous apportâtes à Raymond votre vitalité, votre soutien. Et, il faut, comme moi, avoir épousé une femme malgache et savoir ce que veut dire un soutien de toutes les heures, pour comprendre la chance que vous avez eue auprès de lui et mesurer la chance qui fut la sienne de vous avoir à ses côtés. Le métissage c’est la première dimension de Raymond, ce n’est pas la seule. Cet homme est un croyant. Sa mère est protestante, son père est catholique. Il sera catholique, et cette foi, il la mettra quotidiennement au service de son existence. Pendant la Seconde Guerre, il créera, à Paris, l’Association des chrétiens de la France orientale, avec un camp de travail qui évitera à nombre de Français le STO. Fonctionnaire, haut-fonctionnaire, il créera de Paris à Lomé des sections catholiques. Plus tard, secrétaire général des équipes catholiques de la fonction publique, elles seront autant de relais de son action. Encadrant pendant la fin de la Seconde Guerre des travailleurs indochinois, nous le verrons convertir du bouddhisme au christianisme plusieurs de ces hommes. Et puis, celui qui appartient au tiers ordre franciscain, qui collectionne les organismes caritatifs auxquels il se dévoue sera surtout l’homme du dialogue islamo-chrétien. Il a compris qu’entre Dar al-Islam et le monde du christianisme il n’y a pas de frontières mais des complémentarités. Il déclara lui-même y trouver de belles âmes, et il sera un lien entre nos deux religions. Cette foi, il la mettra au service de sa vie, car Raymond Delval est quelqu’un profondément influencé par la pensée malgache. Comprendre Madagascar, c’est comprendre d’abord le Tsiny et le Tody : chaque homme est convaincu que les actes qu’il commet ne sauraient être impunis, qu’il existe une justice immanente qui fait que tout le bien vous sera rendu et que le mal ne saurait être fait impunément. A partir de là, Raymond Delval va mettre ses convictions au service de son action. Il est l’incarnation vivante de cette définition de Richard Andriamanjato : "Le Malgache n’est ni le bouillant Achille d’Homère, ni l’Homme révolté de Camus, c’est celui qui sait se plier aux vagues de la vie, celui qui sait faire corps avec elle". Toute son existence, il fera corps avec la vie en ayant comme souci d’être utile à son prochain. D’où le choix de sa carrière et c’est pourquoi je voudrais souligner maintenant la carrière exceptionnelle de l’administrateur Raymond Delval.
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Après son baccalauréat, notre Raymond Delval obtient une bourse, il vient en France. Il a décidé, après avoir hésité, de choisir Colo plutôt que l’Agro. Il prépare l’Ecole nationale de la France d’Outre-mer au lycée Chaptal. Il est reçu en 1939, à un très bon rang, 29ème sur 146. Il est le premier originaire de la Grande Ile à intégrer Colo. La guerre le surprend, il décide d’être officier : St-Cyr, aspirant, l’armistice arrive. Il était en train de former des recrues d’Afrique du Nord. Il intègre l’École. Les bourses n’arrivent plus, il faut travailler : il sera surveillant d’internat à Chaptal. Il suit Colo et, comme vous utilisâtes le terme de “boulimique”, Monsieur le Secrétaire perpétuel, je préciserai qu’il est boulimique de travail. Il obtient sa licence ès-Lettres avec certificats d’ethnologie, d’anthropologie et de géographie coloniale. Il est diplômé des Langues-O, et le voilà en 1943 avec ses Brèdes d’administrateur colonial qui lui sont remises par Robert Delavignette. Les communications sont coupées entre la France et la Grande Île. Il ne peut la rejoindre et il est affecté aux travailleurs indochinois. Il lui faut patienter jusqu’en 1946 pour retrouver notre chère Terre Rouge et alors commence sa royauté de brousse : Morafenobe en pays sakalava, 24.000km2, 16.000 habitants. Il rend la justice, gère les vols de bœufs, administre, se fait reconnaître par tous. Il est pourtant le seul Vazaha. Le voilà à Ambatondrazaka durant la rébellion de 1947. Il pacifie. Il retrouve affamés, amaigris, les insurgés et les ramène à la République. 1950, Majunga, la côte Ouest, le premier contact avec Les Comores, les populations musulmanes, les indo-pakistanais, et puis ses compétences aidant, les bureaux, Antananarivo, la direction politique, l’administration générale ; une décennie de Grande Ile que vous avez vécue à ses côtés, Louise. Le voilà happé par l’administration centrale et après dix à Madagascar, quatorze ans de vie parisienne. IL excelle. On lui confie, dans un premier temps, la direction Madagascar, Comores, Côte des Somalis. 1958 : la Communauté, il est au secrétariat général ; 1960 : les Indépendances , il est aux Affaires étrangères, à la direction des Affaires africaines et malgaches. Institutions nouvelles : hommes neufs. Il multiplie les demandes de mutation à l’étranger, on préfère envoyer des hommes nouveaux, c’est à dire, généralement emprunts d’une merveilleuse ignorance. Il lui faudra attendre 1969 et la rencontre avec son ami Bourdarel pour que le Togo s’ouvre à lui : Raymond Delval au pays des Kabyés et des Éwés. Quand il sera accueilli ici par le gouverneur Hubert Deschamps, le 6 novembre 1975, Deschamps aura ces mots : Delval au Togo, c’est le colonel Lawrence au Katchamka, c’est Champollion arraché à ses hiéroglyphes pour déchiffrer les monuments aztèques, et pourtant, il réussira merveilleusement comme chef de la mission d’aide et de coopération.
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Le Togo, c’est la rencontre avec un autre couple merveilleux : Geneviève et Jean-Pierre Campredon. Le guidisme réunit Louise et cette femme exceptionnelle qu’est Geneviève Campredon. L’amitié se noue entre les deux hommes et, mon cher Jean-Pierre, je ne sais pas si vous fûtes influencé par son tropisme malgache mais il n’empêche qu’après avoir servi à Lomé et à Khartoum, quand je vous connus à Madagascar, vous étiez déjà imbibé de cette culture et de cet amour que Raymond vous avait transmis au Togo. C’est vous d’ailleurs, Jean-Pierre, qui lui remettrez sa croix d’officier de la légion d’honneur car il n’aurait pas souhaité qu’un autre que vous ne le fît. A Lomé, il sert, les enfants sont là, car de ce couple uni, modèle, est née une femme de lettres : Marie-Françoise, et un homme de sciences : Pierre, que je salue ici.
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Raymond Delval en 1973 regagne Paris et il travaille alors pour les Musées de France. La retraite le surprend, en 1975, mais comme c’est un mot qui n’existe pas au dictionnaire mental de Raymond, il va travailler jusqu’en 1983, non seulement comme Secrétaire général mais également comme Chargé de recherches au CHEAM, alors que nous avons un CHEAM qui reprend, après avoir été le Centre des Hautes études musulmanes, des activités qui le feront devenir Centre des Hautes Études sur l’Afrique et l’Asie modernes, avant que celui qui en sera le grand revitaliseur, mon éminent collègue et ami Monsieur le professeur Philippe Decraene, n’en prenne la direction. D’ailleurs le CHEAM, Raymond en est un ancien, diplômé puis breveté. Ses activités d’administrateur feront que Raymond sera reconnu par la République officier de la légion d’honneur, officier de l’ordre national du mérite, médaille d’argent de la ville de Paris, mais aussi par les pays pour lesquels il travailla : chevalier de l’étoile d’Anjouan, commandeur de l’ordre de la Grande Comore, officier de l’ordre du Mono. Raymond Delval achèvera sa carrière comme administrateur en chef de classe exceptionnelle des Affaires d’Outre-mer. Mais ce n’est là qu’une seule des dimensions de l’homme car le chercheur Raymond Delval est, dans l’enceinte de cette Académie, celui sur lequel j’aimerais m’appesantir un peu.
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Raymond Delval est un savant, un savant polyvalent, un érudit et un curieux. Il faut avoir voyagé, comme j’ai eu la chance de le faire, en compagnie d’ailleurs d’un de mes autres maîtres, le professeur Bernard Chantebout ici présent, avoir traversé le monde avec Raymond, de la Malaisie à la Thaïlande en passant par Singapour et le voir sortir son éternel canif de sa poche pour prendre les racines des plantes rares qu’ensuite, dans son vaste appartement, il cultivera pour comprendre l’érudition de cet homme, sa volonté de savoir, conduite par des yeux qui sont ce qui nous restera à tous, car ses yeux étaient emprunts d’une éternelle activité et d’une infinie bonté.
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Raymond Delval, l’érudit, est quelqu’un qui va diviser ses travaux en deux grands blocs, les travaux sur Madagascar et les travaux sur l’Islam.
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Madagascar : son œuvre principale : Radama II, sa thèse soutenue en Sorbonne en 1965, avec le professeur Brunswick, le gouverneur Hubert Deschamps, lui-même remarqué par sa thèse qui reste une référence sur les Antaisaka , Radama II, Prince de la Renaissance malgache. Le simple choix de Radama est véritablement symbolique de la personnalité de Raymond Delval. Radama 1ère meurt en 1861, après avoir interdit aux étrangers de s’implanter. Son fils Radama II est un homme ouvert, il signe la Charte Lambert qui permet aux colons de s’installer, il accorde la liberté de culte, il supprime la plupart des impôts, et au moment où son premier ministre le fera assassiner, il envisageait de supprimer l’armée. Quand je pense à Radama II, je pense à Tacite réfléchissant sur les premiers Antonins de Rome qui avaient réussi à concilier principatum ac libertatem : le gouvernement et la liberté. C’est ce roi là que Raymond Delval choisit comme objet d’étude. Cette thèse fut remarquée, elle fut l’objet de toutes les félicitations. Deschamps la qualifia de grande œuvre franco-malgache. Plus tard, elle sera publiée par les Editions de l’Ecole en 892 p. serrées, dans lesquelles les 185 dernières sont consacrées à une thèse selon laquelle Raymond Delval aurait retrouvé en pays sakalava le tombeau de Radama qui n’aurait pas été assassiné, mais au contraire s’y serait réfugié. Cette thèse lui valut le prix du Centenaire du Maréchal Lyautey de notre Académie et le grand prix de l’Association des Ecrivains de langue française. Quand, dans ces murs, à l’époque où Robert Cornevin était notre Secrétaire perpétuel, je reçus des mains de Raymond Delval, en 1986, le Prix Madagascar, je mesurais qu’en face de moi se trouvait l’auteur de cette thèse sur Radama. J’eus l’honneur de siéger à ses côtés au jury du grand prix de l’Afrique Noire, ainsi que du prix Madagascar et j’ai vu avec quel sérieux il travaillait. A côté de son œuvre sur Radama, Raymond Delval est l’auteur d’une foultitude de travaux sur le padesm, parti des déshérités de Madagascar, dont Philibert Tsiranana sera l’un des membres avant de rentrer à la SFIO et de créer le PSD. Sur Laborde, le premier consul de France, sur les calendriers des anciens malgaches, sur les règles juridiques à l’époque de la monarchie, sur l’économie du port de Majunga, sur les musulmans, nous ne pourrions égrainer, sans que l’après-midi n’y suffise, les travaux de Raymond Delval sur la Grande Ile.
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C’est également un spécialiste de l’Islam que nous appelons l’Islam périphérique. Le spécialiste des musulmans du Pacifique, des musulmans de la Caraïbe, des musulmans au Togo, des musulmans à Abidjan, des musulmans au Brésil. Cet homme a consacré la seconde partie de ses travaux à nous faire comprendre ce qu’il en était des communautés musulmanes hors du monde traditionnel de l’Islam. Philippe Decraene lui confiera, pour le CHEAM, la réalisation de la seule carte des musulmans dans le monde qui, à ce jour, existe et sert de référence à tous.
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Pour récompenser une carrière de cette qualité, il sera élu membre de l’Académie malgache, élu par cette Académie le 17 janvier 1975 et accueilli le 6 novembre. Il recevra le Prix de l’ADELF, aujourd’hui dirigée par mon grand ami et éminent collègue, Edmond Jouve qui le confirmera, après le décès de M. Cornevin, dans ses responsabilités de Président du Prix Madagascar. Il recevra une seconde fois un prix de notre Académie, le Prix You. Raymond Delval est donc une personnalité hors du commun. Je voudrais que vous compreniez quelle importance, pour moi, a revêtu cette après-midi pour parler d’un ami que j’aimais d’une respectueuse affection. Pour cela, il faut rappeler qu’au cœur de la vie sociale malgache se trouve le Kabary, le discours. Il ponctue tous les actes de la vie : naissance, circoncision, Vody Ondry, mariage, décès. Quant au centre de la culture malgache, s’y trouvent les Ray Aman Dreny, les ancêtres, les anciens, littéralement les pères et mères. La plus grande symbolique malgache gravite autour du famadihana, l’exhumation des morts, le retournement des morts. Le mort appartient à la vie, il n’est jamais entièrement décédé. Ce soir, ce fut pour moi un honneur particulier que de pouvoir, en faisant ce kabary pour mon Ray Aman Dreny, procéder à ce famadihana de l’âme et respecter non seulement les règles d’une compagnie qui était la sienne, mais également les normes d’une civilisation qui lui tenait, et qui me tient, profondément à cœur, moi simple roturier Vazaha accepté dans une famille Andriana. Pour toutes ces raisons, mes chers confrères, je vous remercie d’avoir bien voulu, par mon élection, me permettre de parler de quelqu’un que j’ai aimé et que je continue d’aimer. Ma chère Louise, je tiens à vous dire qu’au fauteuil de Raymond, mon rôle sera de contribuer à la perpétuation de cet homme incomparable…
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.Pascal Chaigneau, né en 1956, est successeur au Fauteuil de Raymond Delval comme Membre Titulaire de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer.
Il est professeur des universités et avocat, spécialiste des relations internationales.
Membre de l'Académie nationale des arts, des lettres et des sciences de Madagascar.

http://www.academieoutremer.fr/academiciens/fiche.php?aId=169
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Chaigneau.

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La vie de Raymond Delval a été guidée par son engagement scout, et c'est par le scoutisme qu'il a rencontré et épousé la "cheftaine" Louise Boureau. Par son engagement catholique aussi : il était membre du Tiers-Ordre franciscain et des Equipes Chrétiennes de la Fonction Publique. Avec Louise, ils faisaient partie des Equipes Notre-Dame.
La vie de Raymond Delval a été guidée par son engagement scout, et c'est par le scoutisme qu'il a rencontré et épousé la "cheftaine" Louise Boureau. Par son engagement catholique aussi : il était membre du Tiers-Ordre franciscain et des Equipes Chrétiennes de la Fonction Publique. Avec Louise, ils faisaient partie des Equipes Notre-Dame.
La vie de Raymond Delval a été guidée par son engagement scout, et c'est par le scoutisme qu'il a rencontré et épousé la "cheftaine" Louise Boureau. Par son engagement catholique aussi : il était membre du Tiers-Ordre franciscain et des Equipes Chrétiennes de la Fonction Publique. Avec Louise, ils faisaient partie des Equipes Notre-Dame.
La vie de Raymond Delval a été guidée par son engagement scout, et c'est par le scoutisme qu'il a rencontré et épousé la "cheftaine" Louise Boureau. Par son engagement catholique aussi : il était membre du Tiers-Ordre franciscain et des Equipes Chrétiennes de la Fonction Publique. Avec Louise, ils faisaient partie des Equipes Notre-Dame.
La vie de Raymond Delval a été guidée par son engagement scout, et c'est par le scoutisme qu'il a rencontré et épousé la "cheftaine" Louise Boureau. Par son engagement catholique aussi : il était membre du Tiers-Ordre franciscain et des Equipes Chrétiennes de la Fonction Publique. Avec Louise, ils faisaient partie des Equipes Notre-Dame.
La vie de Raymond Delval a été guidée par son engagement scout, et c'est par le scoutisme qu'il a rencontré et épousé la "cheftaine" Louise Boureau. Par son engagement catholique aussi : il était membre du Tiers-Ordre franciscain et des Equipes Chrétiennes de la Fonction Publique. Avec Louise, ils faisaient partie des Equipes Notre-Dame.

La vie de Raymond Delval a été guidée par son engagement scout, et c'est par le scoutisme qu'il a rencontré et épousé la "cheftaine" Louise Boureau. Par son engagement catholique aussi : il était membre du Tiers-Ordre franciscain et des Equipes Chrétiennes de la Fonction Publique. Avec Louise, ils faisaient partie des Equipes Notre-Dame.

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